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MaghrebKing

[AJ] Les anciens Girondins

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Je pense que cet homme était foncièrement honnête. Il y a une cabale contre lui car c'est l'époque... Toujours créer des clash dans notre société.

Le gars a quand même eu des résultats très convenables dont la CDF... Et non, on aime comme toujours cracher sur les gens.

 

Après il fallait qu'il parte, il était arrivé au bout du truc. Trois ans, c'est déjà beaucoup, quand tu n'as pas énormément de moyens.

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Toujours eu beaucoup de sympathie pour Gillot, qui a été pris à partie parce qu'il n'est pas un ancien grand nom en tant que joueur, et qu'il aimait jouer avec les journalistes (cf Domenech). Blanc par exemple est loin d'avoir été accablé par les médias pour sa dernière année ratée à Bordeaux, et son Euro relativement moyen avec les bleus, et a pu retrouver du boulot dans l'un des clubs les plus riches du monde, là où Gillot aura du mal à retrouver du boulot avant quelques années.

Il est parti surtout parce qu'il avait l'impression que, quels que soient ses résultats, les dirigeants allaient lui mettre des challenges supplémentaires l'année suivante en disant : "bon ok t'as réussi avec cette équipe, maintenant si on t'enlève N joueurs de plus, qu'est ce que tu peux faire ?". La première année, 5e place miraculeuse, la deuxième, 7e plus CDF, la 3e, 7e, parce qu'à force de tirer sur la corde, elle casse.

Gillot a tiré le max de cette équipe, mais en lui enlevant continuellement les meilleurs joueurs, les dirigeants ont eux même construit l'équipe plus que moyenne qu'on voit chaque week end sur les pelouses de L1. Ce n'est pas l'entraineur.

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Beaucoup de respect pour Gillot et ce qu'il a donné au Club ainsi que son professionnalisme. Je retiendrai avant tout que c'est, sans doute, un très bon formateur et que certains joueurs ont, à mon goût, bien évolués sous ses ordres.

 

Mais bon, il faut aussi arrêter le délire de la nostalgie, c'est pas un bon entraineur pour une raison simple, la tactique il était zéro absolue: Jamais aucun bon changement; des instructions contradictoires aux joueurs pdt les matchs et j'en passe et des meilleures.

 

Et le plus gros reproche, pour moi, c'est "faites ce que dit et pas ce que je fais". "Je vais jouer l'attaque...", mais bon avant tout on doit défendre et je vais blinder la défense, etc. L'EL, on la jouera pas (alors que c'est une priorité du club) car pas l'effectif et je refuse Khazri ou je renvois Krycho, etc. (Moi la défaite à domicile contre le Maccabi, ça ne passe tjs pas)

 

Vous allez me dire que je mélange tout mais avec Gillot justement on ne savait jamais sur quel pied dancer.

 

Et je ne pense pas justement qu'il a été remercié pour des problèmes de mauvaises presses, il a commis trop de mauvaise décision et on a eu le respect, parce qu'il a gagné la CdF, d'attendre la fin de saison avant de le virer. Dans d'autre circonstance, on le remercié en Février et on finissait sans doute mieux classé aux vus du faible niveau de la saison précédente.

 

Alors les regrets maintenant, non merci, ciao et bon vent.

 

Willkommen zum Torfabrik!

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Moi j'ai tout à fait compris ,et je te rejoins ZAEMONZ 14 sur le fait qu'on peux remercier Gillot pour ce qu'il a apporté ,la CDF et quelques bons matchs ,que ce gars est un gars bien etc etc ,mais personne l'a obligé à rester ,il a fait son taf du mieux qu'il pouvait maintenant on va pas non plus faire des statues pour tous les joueurs ou entraineurs qui vont se barrer ,il a été remercié chaleureusement et basta ,y'a pas de quoi s'emballer non plus outre mesure en le remerciant pendant des lustres ,du respect oui ,mais ne restera pas dans les annales du club pour ma part ,un bon coach sans plus qui mérite simplement un merci et bonne route !!!!

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Je pense que cet homme était foncièrement honnête. Il y a une cabale contre lui car c'est l'époque... Toujours créer des clash dans notre société.

Le gars a quand même eu des résultats très convenables dont la CDF... Et non, on aime comme toujours cracher sur les gens.

 

Après il fallait qu'il parte, il était arrivé au bout du truc. Trois ans, c'est déjà beaucoup, quand tu n'as pas énormément de moyens.

 

Bien sure que ces résultats sont correct , il faut voir le niveau de l’équipe aussi

 

Gilllot aurait du sourire et faire semblant comme une potiche pour être apprécier aux yeux des gens.

 

C'est sur que c'est déjà beaucoup de rester 3 ans dans se contexte .

 

Merci a Francis Gillot

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Deivid, notre ancien attaquant brésilien, est actuellement entraineur-adjoint de Vanderlei Luxemburgo au Flamengo (à Rio de Janeiro). Hier, Luxemburgo était suspendu, donc Deivid a pour la première fois dans sa carrière assumé le rôle de l'entraineur (en interim). Flamengo jouait le fameux derby contre Fluminense et a gagné 3:0 (a noter entre autres l'expulsion de l'ancien lyonnais Fred, qui joue pour Fluminense). Un véritable succès pour Deivid.

 

http://oglobo.globo....inador-15789263

 

2015040510740.jpg-GHG254OA2.1.jpg

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Ah! Autant pour moi, (ou au temps pour moi pour les puristes) j'avais fait une recherche dans les brèves avec le mot clef: Salif. Ce qui n'avait rien donné.

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FBK vient de finir troisieme au trophee du meilleur joueur de la A league en Australie apres une superbe saison.

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Je n'ai jamais vu jouer Krychowiak mais apparemment, il est énorme... Le mec est tout simplement élu dans l'équipe-type de la saison en Liga... Putain, c'est dommage pour Bordeaux...

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Cavenaghi n'arrête plus de marquer avec River.

 

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Krychowiak comme le reste de l'équipe du FC Séville n'ont pas vu le jour en tout cas hier contre la Juve.

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Bonjour‚ j'ai vu sur le forum de SoFoot que Joachim Fernandez était SDF et serait mort de froid. Quelqu'un sait-il si c'est vrai ? Merci.

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UN CAFE AVEC... KEVIN OLIMPA 
La Canée (Crète) 27 avril 2016

C'est sur le port vénitien de La Canée, où nous nous sommes donnés rendez-vous, que je fais la rencontre de Kévin Olimpa. Nous nous installons ensuite à la terrasse ombragée du Café Aroma cafe chania, près de la vieille mosquée Yiali Tzami, pour ce qui doit être une entrevue de deux heures environ. Mais un déjeuner, deux cafés et quatre heures plus tard, nous sommes toujours attablés en tête à tête, profitant de la lumière décroissante de l'après-midi et de la douceur de vivre qui fait la particularité entre toutes de La Canée. Pendant ce temps, j'apprend à découvrir Kévin Olimpa qui, des FC Girondins de Bordeaux Ã  Platanias F.C. en passant par Angers SCO, toutes les sélections de jeunes enÉquipe de France de Football et la sélection martiniquaise ne va éluder aucune question. Sa force de caractère va de paire avec sa fonction de gardien de but, poste si particulier sur un terrain de football. Car de l'ombre à la lumière, il faut parfois des années avant de s'installer comme gardien n°1 d'une équipe de football, que ce soit en club ou en sélection. Kévin Olimpa a connu ces situations frustrantes et a répondu à mes questions sur le sujet avec une franchise qui force le respect. A 28 ans seulement, l'ancien girondin porte un regard mature et parfois tranchant sur le monde du football, parfois plus ulcéré aussi par un public toujours prompt à envoyer un joueur à la guillotine médiatique sans rien connaître du quotidien d'un footballeur professionnel. Mais il sait aussi teinté ses convictions d'une admiration sans borne pour certains joueurs qu'il a côtoyé étant plus jeune, des tauliers, des "grandes gueules" dont les absences ne guident plus la jeune génération ni sur un terrain ni dans leur vie de groupe. Et parfois, certains silences "parlent" par ses yeux qui savent se faire enjoleurs ou tueurs, charmant l'un ou foudroyant l'autre. Quatre heures de pur football sans concession, avec conviction, avec un homme entier et qui sait ce qu'il veut, forcément, ça vous marque...

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- Kalimera, Kévin !
- Kalimera, William, me répond-il dans un sourire timide.
- C'est quelque chose de plutôt agréable de faire enfin connaissance avec toi, ici même sur le port de La Canée. Mais comment t'es-tu retrouvé ici ?
- J'étais en fin de contrat avec les Girondins de Bordeaux et je savais que je n'allais pas être prolongé. Alors mon agent a commencé à me chercher un club avec lequel j'aurais la certitude de jouer et d'avoir le poste de gardien n°1. C'est par les contacts de mon agent qu'on a commencé à regarder vers la Grèce. Un premier contact a été établi avec l'Asteras Tripolis. Mais le président voulait un gardien de but qui mesurerait 1,97m !
- Tu veux dire 2 mètres, quoi.
- Non, non, 1,97 m
- Précisément ?
- Très précisément ! Et comme je ne fais pas cette taille-là, au centimètre près, les contacts se sont arrêtés là.
- C'est fou, ça. C'a n'a même pas été une question de contrat, alors ?
- Non, simplement la lubie du président du club. Juste après, il y a eut le contact avec Platanias FC (1). Les discussions ont été faciles et rapides., grâce au travail de mon agent. Platanias me voulait comme gardien n°1, j'ai dit ok.
- Tu es sous contrat avec le club jusqu'à quand ?
- J'ai signé en 2014 et jusqu'en 2017.
- Il te reste donc une année de contrat...
- C'est ça.
- Comme s'est passée ton adaptation ici ?
- Elle s'est très bien passée, sans aucun problème. Et puis, quand je suis arrivé ici, j'ai retrouvé quatre collègues qui parlaient aussi le français. Donc, on se sent moins perdu quand on est à 5 !
Kévin Olimpa sourit plus franchement.

- Et qui sont ces quatre joueurs ?
Ousmane Coulibaly (passé par Guingamp et Brest), Yaya Banana (ex-Sochaux), Bernard Itoua (formé à Auxerre) et Azrack Mahamat(également formé à Auxerre et passé par l'Espagnol de Barcelone et le Lokomotiv Sofia). Avec moi, cela fait cinq. 
- As-tu ressenti des changements particuliers dans le football grec par rapport à celui de France ?
- Oui, bien sûr. J'ai tout d'abord été "frappé" par le niveau de jeu lors des premières rencontres. Le niveau est plus bas qu'en France même s'il y a des profils différents. Ensuite, il y a peu d'encadrement dans la formation des jeunes. Selon les clubs, il existe des équipes de jeunes mais pas ou très peu de centres de formation à proprement parler. Platanias possède une équipe U20 et une équipe U17 et c'est tout. Pas de centre de formation ni d'académie. Après, mon intégration sportive a été plus rapide que je le pensais. Tout a été moins difficile que je me le suis imaginé.
- Et puis le cadre de vie reste exceptionnel quand on voit tout ça (de la main, j'indique le port de La Canée), non ?
La réponse de Kévin fuse :
- Au début, non. Le cadre m'importe peu, franchement. Je suis là pour faire mon boulot de footballeur et je me focalise uniquement sur cela. Je suis dans le travail, dans la performance. Tout ceci est plus important que le reste. Maintenant, je commence à en profiter un peu maintenant. Mais au début, non. Le cadre de vie n'a pas compté dans ma décision de venir à Platanias.
- La saison dernière, tu as disputé les trente matches du championnat. Et cette année, seulement cinq. Tout va bien ?
- Non, effectivement. J'ai joué les cinq premières journées dont les matchs contre les trois "gros" du championnat grec : Olympiacos FC,A.E.K. f.c.Panathinaikos FC / ΠΑΕ Παναθηναϊκός. J'ai eu ensuite un "différent" avec le coach [Giorgios Paraschos, arrivé à Platanias en début de saison] et depuis, je ne joue plus. Si je peux comprendre les choix d'un entraîneur, j'aime bien aussi en comprendre les raisons. Et lorsque j'ai provoqué la discussion avec mon entraîneur, il m'a donné des explications... comment dire... (Kévin Olimpa cherche un long moment le bon mot)... des raisons "non fondées", voilà. Du coup, je ne joue plus depuis début octobre dernier...
- Je reconnais que cela ne doit pas être évident d'être titulaire la saison d'avant puis d'être relégué au poste de remplaçant cette année, sans "motif" évident.
- Non, William, cela va plus loin : je ne suis pas remplaçant non plus. Je ne suis même plus dans le groupe. Je m'entraîne, oui, mais je ne figure plus dans le groupe tout court.
- Tu es "placardisé", en somme ?
- Oui, tout à fait.
- Et que dit ton président ?
- Il ne dit rien : le président préside et l'entraîneur entraîne. Lequel suit les recommandations du coach...
- On sait bien qu'une telle situation ne peut pas s'éterniser. Tu as déjà des contacts pour la saison prochaine ?
- Des contacts, non. Mais mon agent travaille depuis cet hiver pour le coup où la situation ici ne change pas.
- Cet hiver, du côté de Bordeaux, lorsque Cédric Carrasso s'est gravement blessé, les réseaux sociaux se sont carrément emballés lorsqu'il s'est agit de trouver un gardien pour le remplacer. Mais quand je dis "emballés", je suis gentil encore. Tout le monde a cru à ton retour à Bordeaux.

Kévin Olimpa sourit.
- C'était acquis pour beaucoup ! Et puis, il y a eu ton post, sur ta page Facebook, énigmatique au départ (2) mais qui a laissé penser aux supporteurs girondins que tu étais sur le retour. Alors moi, je te pose la question entre quatre yeux : as-tu été contacté par les Girondins de Bordeaux après la blessure de Cédric Carrasso ?
- Il y a eu des discussions, oui, effectivement, mais qui n'ont pas été plus loin.
- Parce que... ?
- Parce que choix du coach au final [Willy Sagnol à ce moment-là]. 
Kévin Olimpa soulève les épaules, en signe de dépit.
- Le club a même refusé Ochoa...
- Qui acceptait pourtant de s'aligner sur les conditions salariales du club en plus...
Silence. Je reprend :
- Pourtant, on sait que Prior et le troisième gardien ne sont pas au niveau de la Ligue 1, et Bordeaux recrute Bernardini, 18 ans, second gardien de Troyes, dernier du championnat. Avec toi, le club faisait pourtant revenir quelqu'un qui connaissait la maison, le club, l'environnement ?
- Oui... D'autant que j'étais ok pour un prêt de six mois, tu vois. Moi, je marchais à fond. Sans problème.
- Seulement six mois ?
- Il faut voir les choses en face, William. Je connais Cédric Carrasso et c'est un compétiteur comme moi. Sa blessure actuelle ne va pas mettre fin à sa carrière. Il se soigne et travaille pour revenir plus fort encore. Et après, si je signe un contrat avec les Girondins, je vais me retrouver dans la même position qui m'a faite quitter le club en 2014.
- Oui, je vois.
- Mais j'étais prêt à venir aider le club, même pour six mois seulement.
- Ah tu l'aurais eu ta standing ovation dans le nouveau stade ! Je t'assure ! Parce que la saison reste quand même extrêmement "compliquée" pour les Girondins. Sagnol n'est plus là mais les choses n'évoluent pas plus avec Ulrich Ramé qui reste un entraîneur intérimaire.
- Il y a un bon vestiaire à Bordeaux, enchaîne Kévin Olimpa. Mais il n'y a pas assez d'aboyeurs, tu vois. Moi, j'ai "grandi" avec les Jemmali, les Jurietti, les Darcheville...
- Oh oui, je vois bien.
- Ce n'étaient pas les meilleurs footballeurs du monde mais ils savaient tenir un vestiaire, bouger les gars et recadrer les jeunes. Il faut savoir être un bon footballeur mais surtout être un "mec", un gars qui en a... Sinon, cela ne sert à rien. 
Il marque une courte pause que je n'ose rompre. Puis reprend :
- Il y a de bons jeunes joueurs à Bordeaux comme Vada, Touré, Guibert... Ils sont bons mais n'ont pas encore assez de charisme, ils sont trop jeunes, c'est normal. Il manque un "Jurietti" dans ce groupe, un autre "Planus", voire un Michel Pavon, tu vois ! A la même époque, tu avais un Cyril Rool (3) en face de toi...
- Je m'en souviens bien, oui.
- Lui aussi n'était pas le "meilleur footballeur du monde", mais quand il voyait son nom sur la feuille de match, le gars d'en face savait qu'il allait en baver, que sa soirée allait être compliquée. Avoir de jeunes joueurs, c'est bien. Avoir des tauliers, c'est bien aussi. Il en faut et Bordeaux en a moins aujourd'hui. Beaucoup sont partis et n'ont pas été remplacé.
- Lequel t'a marqué en particulier ?
- Aucun en particulier mais tous dans leur ensemble, oui. Je me suis "nourris" d'eux, de leurs conseils, de leurs avertissements et de leurs coups de gueule aussi.
Kévin Olimpa marque une nouvelle pause en avalant une lampée de son jus d'oranges frais.
- Mais... sur le principe de la question du respect, celui qui m'a vraiment marqué a été Dominique Dropsy... Il m'a conforté dans ces idées de force mentale et de respect des choses.

Nous marquons une nouvelle pause, profitant de celle-ci pour regarder les quelques badauds flânant sur les quais de la magnifique citée et la manoeuvre gracile des voiliers entrant ou sortant du port vénitien. Au bout d'un instant, je reprend la conversation :
- J'ai une question que je me suis toujours posé, au sujet des gardiens, notamment ceux qui sont n°2 en club voire n°3 en sélection et qui remportent un titre en ayant joué 10' en tout et pour tout voire aucun match en sélection. Est-ce que toi, tu te sens pleinement champion de France 2009 avec les Girondins de Bordeaux ?
- Oui, répond-il sans hésiter. Oui, complètement. Même si je n'ai joué qu'un match de cinquante minutes. Je suis rentré à la place de Mathieu Valverde qui remplaçait lui-même Ramé blessé. Sur la première frappe, je suis bien en place. Je fais ensuite deux ou trois parades décisives et je remporte même un face-à-face dans les dernières minutes de jeu.
- C'est intéressant à entendre parce qu'on sait que, parfois, pour un gardien, il est compliqué de se sentir "impliqué" dans la conquête d'un titre. Regarde Charbonnier lors de la Coupe du Monde 1998. Il est champion du monde sans avoir disputé la moindre minute de jeu.
- Je suis d'accord avec toi mais Charbonnier a été très important dans le vestiaire. Il n'a jamais caché qu'il sentait pleinement champion du monde même s'il savait qu'il n'avait quasiment aucune chance de jouer. Moi, j'avais 19 ans seulement et j'étais gardien n°3. Mais j'ai joué 50 minutes du championnat, je me suis entraîné tous les jours avec mes coéquipiers. J'ai toujours été concerné par les matches, les mises au vert, les échauffements... j'ai tout vécu avec le groupe. Alors oui, je me sens champion de France 2009.
- D'habitude, la question qui fâche arrive toujours plus tard dans la discussion mais je vais te la poser maintenant, parce qu'elle est raccord avec le sujet...
Kévin Olimpa sourit en coin, ses yeux rivés sur moi, méfiant :
- Ok, je t'écoute.
- A quel moment en a-t-on marre d'être le gardien n°2 ?

Le gardien de but se redresse sur sa chaise.
- Quand je suis revenu de ma saison à Angers et avec l'équipe de France Espoirs. Avec Angers, je venais de disputer vingt matches consécutifs en Ligue 2 en tant que titulaire, plus six sélections en équipe de France Espoirs. Tout s'est très bien passé dans les deux cas. Alors oui, quand on y a goûté, on a qu'une seule envie, c'est d'y goûté encore ! Un peu comme le requin qui a l'odeur du sang. J'en voulais encore...
- Alors quand tu reviens à Bordeaux ?
- Quand je reviens au Haillan, j'ai une discussion avec Jean Tigana. A ce moment-là, Cédric Carrasso et Ulrich Ramé sont tous les deux blessés. Du coup, je fais toute la préparation en tant que gardien n°1, je dispute l'intégralité des matches amicaux plus les deux premiers matches de la saison contre Montpellier et Toulouse. Tout se passe super bien, je suis dans la continuité de ma saison avec Angers, tu vois...
- Oui, je vois très bien... En pleine bourre...
- C'est ça. C'est après le match contre Toulouse que tout bascule. Je pars pour rejoindre la sélection Espoirs pour affronter la Belgique. Je ne joue pas la rencontre, le coach préférant Johann Carrasso, un gardien qui revient juste de blessure ! Match perdu en plus (0-1). Je rentre à Bordeaux et là, Cédric Carrasso est revenu de blessure et retrouve directement les buts. Là, je sais que, pour moi, c'est fini. 
- J'ai vu tes stats et effectivement, tu ne joues plus aucun match de la saison.
- Oui, tout à fait. Mais le plus dur, ce fut la discussion avec Tigana. Il m'avait fait la promesse de me faire jouer les matches de coupe. Mais au final, je n'en ai joué aucun, ni en Coupe de France, ni en Coupe de la Ligue. 
Silence...

- De plus, le club m'avait prolongé à mon retour d'Angers, c'était parfait. Mais au final, je suis passé de tout à rien avec des promesses non tenues.
- Selon toi, et arrête moi si je me trompe, mais qu'est-ce qui fait qu'en France, on prenne autant de soin à bien définir qui est gardien n°1 et qui est n°2 ? Je veux dire qu'on ne prend pas autant de précautions avec les joueurs de champs. Je suis toujours sidéré par cette "psychologie"...
- Disons que les coaches font des choix partout et tout le temps. Mais il est vrai que le poste du gardien de but est "spécial". Il est très particulier.
- Oui, d'accord, je veux bien, mais quand même n'est pas une gestion d'égo surtout ?
- Peut être... sans doute... Mais, avec le recul de mon expérience grecque, je m'aperçois qu'ici, le changement d'un gardien est nettement plus "facile" et plus intégré dans la gestion d'un groupe et d'un match [A titre d'information, pour la saison régulière 2015-2016, le Platanias FC a utilisé trois gardiens : D. Sotiriou 24 matches, K. Olimpa 5 et Kokkalas 2]. D'ailleurs, on me demande souvent, ici, pourquoi on prend autant de précautions avec les gardiens en France...
- Vraiment ???
- Oui, oui, on me pose souvent cette question. 
- Il est vrai que "chez nous", la question du gardien est toujours sujet à une sorte de psychologie suivie d'une justification devant les médias. 
- Disons qu'il faut surtout gérer l'humain, enchaîne Kévin Olimpa. Mais être n°1 ne signifie pas tout. Il faut le prouver. Quand Platanias m'a recruté, c'était clairement pour être le gardien titulaire. Alors il a fallu que je "m'arrache" encore plus que les autres, que je prouve que j'avais le niveau...
- Mais, de toute manière, être n°2 en club et plus encore n°3 en sélection sont des postes très frustrants, non ?
- En sélection, oui, beaucoup, car le n°3 est très souvent titulaire dans son club. Et là, il vient tout en sachant très bien qu'il ne jouera quasiment aucun match ni même une minute. Il est là pour être un "gars de vestiaire". En club, le n°3 est très souvent un jeune gardien qui va s'aguerrir en CFA. C'est le poste de n°2 qui est très frustrant.
- Mais peut-on l'accepter longtemps ?
- Certains l'acceptent, d'autres non. Regarde, Rémy Vercoutre Officiel a été longtemps le gardien n°2 de Lyon et n'est devenu n° 1, à 33 ans, qu'en rejoignant le SMC | Stade Malherbe Caen. Et tu as Douchez, au PSG, qui a 36 ans et qui est n°3 et qui a un salaire confortable pour le rester. Par contre, il vit des supers choses avec Paris, c'est indéniable. Tant mieux pour lui, vraiment.
- En parlant de "super chose", tu comptes six sélections avec laMartinique, exact ?
- Tout à fait, six sélections lors de ma participation à la CONCACAF Gold Cup 2013 (4). Et si tout va bien, j'y retourne en juin prochain pour disputer le 2e tour de la Coupe de la Caraïbe [du 1er au 7 juin, contre la Guadeloupe et la Dominique, dans un tournoi triangulaire]
- Que représente pour toi cette sélection de la Martinique ?
- Elle compte beaucoup pour moi. Vraiment beaucoup. C'est aussi une fierté pour ma mère qui est de Ducos, en Martinique. Et puis, la sélection me donne l'opportunité de disputer des matches internationaux. Cela m'a notamment permis de jouer contre le Canada (victoire 1-0 !), le Mexique et le Panama. C'est énorme pour moi.
- Ce n'est pas rien, effectivement. Mais dis moi, pourquoi la FFF ne reconnaît pas ces sélections de manière officielle ?

La réponse ne tarde pas et file comme une bordée de canons de marine
- Mais parce que la FFF - Fédération Française de Football a trop peur de perdre beaucoup sportivement ! Au regard de l'Histoire, l'équipe de France de football a eu quantité de grands joueurs provenant ou originaires de la Martinique (5). Ce serait clairement un manque à gagner pour la Fédération qui a déjà assez de problèmes à régler avec les joueurs binationaux.

Kévin Olimpa s'installe plus confortablement pour poursuivre son explication :
- Mais cela poserait aussi un problème pour un joueur martiniquais, lequel ne pourrait plus jouer pour l'équipe de France.
- Oui, c'est le cas avec Tahiti.
- Tout à fait. Mais le cas inverse est possible : Frédéric Piquionne a joué pour l'équipe de France (1 sélection) puis a joué avec la Martinique.
- Mais est-ce que la Martinique n'est finalement pas une sélection en équipe de France "par défaut" ?
Le regard de l'ancien girondin se fait plus "noir" :
- Non, pas du tout. C'est même un grand plaisir pour moi que de rejoindre la sélection martiniquaise. Il n'y aucun "par défaut" dans ces sélections. Si j'étais convoqué en équipe de France, crois-moi que j'irais et que le plaisir serait le même. Sans aucun problème.
- Est-ce que tu savais que sur la page Wikipédia grecque consacrée au club de Platanias, il y a un drapeau martiniquais à côté de ton nom au lieu d'un drapeau français ?
Kévin Olimpa sourit à nouveau.
- Oui, je le savais. Parce que pour la Grèce, je suis un "international martiniquais". J'ai d'ailleurs été recruté à ce titre, si je puis dire, par des vidéos réalisées pendant la Gold Cup 2013. Donc, je suis un international, ce qui est bon pour moi, bien sûr, mais aussi pour le club. Avoir un international dans ses rangs, c'est tout de suite plus "glorieux".

- Quel est ton gardien de but de référence ?
Il réfléchit un bon moment avant de répondre :
- Il n'y en a pas qu'un. Fabien Barthez est indéniablement ma référence, mais je me suis aussi inspiré de Iker Casillas, Gianni Buffon, Andreas KöpkePeter Schmeichel... Si Barthez reste le premier, ils ont tous joué un rôle dans ma façon d'appréhender mon poste. D'ailleurs, à l'heure actuelle, je me renseigne sur les gardiens "d'avant". J'ai découvert récemment le gardien belge Michel Preud'homme (6). J'aime regarder les "anciens"gardiens, ceux du passé pour comprendre, apprendre et m'inspirer d'eux.
- Quel est le club de football vers lequel tu irais même à genoux ?
- J'hésite...
Son regard se perd dans les eaux du port de La Canée.
- Je ne parle pas, bien évidemment, de Bordeaux ma ville... Bordeaux, c'est une évidence... Je dirais PSG - Paris Saint-Germain et AS MONACO. D'ailleurs, à l'époque, quand j'étais à Clairefontaine, j'avais fait un essai de trois jours à Monaco. Il avait été concluant mais j'ai préféré signer à Bordeaux.
- L'évidence ! dis-je avec un clin d'oeil.
- C'est ça. Arsenal, j'y vais aussi les yeux fermés. Chelsea Football Clubm'inspire également.
- Pourtant, la Premier League n'est pas vraiment la référence absolue en ce qui concerne les gardiens de but qui sont le plus souvent étrangers qu'anglais ou britanniques. 
- C'est vrai. 
- Un autre club ?
- Le FC Barcelona et le Real Madrid C.F....
- Mais qui n'irait pas, en même temps ?
- Oui c'est vrai... Le Valencia CF est un club chez qui je pourrais aller.
- Tu as seulement 28 ans, en même temps. Tu as donc le temps. On sait que les gardiens peuvent jouer très longtemps à ce poste... Il y a bien eu des gardiens de 40 ans en Premier League, justement.
- Oui, tout à fait.
- Quel est l'entraîneur qui t'a le plus marqué à ce jour ?
Laurent Blanc et Ricardo, en même temps. Ils ont des profils différents mais une même détermination. Blanc, c'est aussi et surtout son staff et notamment Jean-Louis Gasset. Blanc, c'est une mer calme; Gasset, c'est l'électricité, l'énergie. Ils se complètent à merveille, tous les deux.
- Quel est le transfert qui t'a concerné, qui ne s'est pas fait et dont tu n'as jamais parlé ? Donne-moi un petit scoop !

Nous rions.
- Quand je suis sorti de Clairefontaine, j'avais 16 ans et j'ai été approché par Tottenham Hotspur. Une vraie approche, hein ! Mais j'avais déjà signé à Bordeaux. Quelques années plus tard, quand j'ai été prêté à Angers, j'ai su que le LOSC Ã©tait intéressé. Mais cela n'a été que des discussions qui n'ont pas été plus loin.

- Que penses-tu de toutes ces affaires qui touchent les joueurs de football et les réseaux sociaux ? Serge Aurier et Périscope ? Karim Benzema et la sex-tape de Mathieu Valbuena ? Les photos des joueurs du PSG à Las Vegas ?
- Tout d'abord, il faut savoir que les jeunes footballeurs d'aujourd'hui ne sont pas préparés à affronter les médias d'aujourd'hui. On les forme à taper dans un ballon, à marquer des buts pour certains et à les arrêter pour d'autres. Mais pour le reste, ils ne savent rien. Et ils sont propulsés sous les feux des médias avec leur jeune âge, leur éducation et leur fréquentation. Alors, à un moment donné, cela peut déraper.
- L'entourage d'un joueur compte aussi. L'affaire Benzema en est un exemple typique selon moi. Le joueur du Real a raté l'occasion d'être un grand monsieur en ne disant pas à ses "relations" d'arrêter immédiatement leurs conneries. Il a voulu joué au cador et voilà...
- Ce que je déplore dans tout ceci, rétorque Kévin Olimpa, c'est comment on a "dézingué" Benzema. Pareil pour Serge Aurier ? Mais que savent réellement les gens du quotidien d'un footballeur professionnel ? Ah ça oui, on les montre roulant dans de grosses voitures mais dans les faits, qui parle de notre travail quotidien, de nos sacrifices consentis et de notre vie passée... On ne peut tout nous accorder, nous ne sommes pas tous parfait, c'est vrai, mais qui n'a pas fait de conneries dans sa vie ?
Silence de ma part.
- Je n'ai pas aimé le traitement réservé à Karim Benzema. Pas du tout. Cela a été du lynchage populaire. D'accord, il faut que nous montrions l'exemple par rapport aux enfants et même aux adultes. Mais nous sommes aussi des êtres humains. Que faut-il que nous soyons exactement ?
Je prend la suite de Kévin Olimpa :
- Ayant joué dans les deux disciplines, je n'aime pas, personnellement, ce besoin de dresser le football et le rugby l'un contre l'autre en faisant nécessairement du rugby un sport plus "vertueux" que le ballon rond. Deux footeux qui se battent sur la pelouse, ce sont des voyous; deux rugbymen, c'est normal, c'est dans la tradition des choses. Quatre footeux surpris bourrés dans une boite de nuit, c'est un scandale; quatre rugbymen bourrés dans une boîte de nuit, c'est une troisième mi-temps bien sympathique. C'est ridicule...
- Je suis d'accord avec toi, me dit-il. Après, il y a aussi le contexte de l'actualité. Regarde pour les photos des joueurs du PSG à Vegas...
- J'allais te poser la question, justement.
- On a posté cette photo sur les réseaux sociaux et de suite, ça y est, c'est une orgie sexuelle ou que sais-je... Maintenant, attention, je ne dis pas que les footballeurs sont tous vertueux justement. Certains ont commis de grosses bêtises en postant des messages sur Facebook, Twitter ou autre sans réfléchir aux conséquences. Mais c'est cela que je pointe du doigt : on ne prépare pas les jeunes joueurs à tout ceci. Bon, si, maintenant, dans certains clubs, cela commence à se faire. Mais il faut vraiment les encadrer...

Nous marquons une longue pause, histoire de se dégourdir un peu les jambes. Nous évoquons entre nous la vie grecque ici, à La Canée, ainsi que du côté d'Aghia Marina, célèbre petite station balnéaire à l'ouest de la cité crétoise. Puis nous reprenons pour la dernière ligne droite de notre rendez-vous, d'autant que la faim commence à se faire sentir. Nous passons commande et, en attendant que les plats arrivent, je reprend :
- Cela fait plus de trois heures que nous sommes ensemble, Kévin, et, maintenant que j'ai appris à mieux te connaître ainsi que ton parcours, je ressens au final comme une forme de frustration à ta carrière, non ?
Kévin Olimpa n'esquive pas :
- Oui, c'est un peu ça. Il y a toujours eu des embûches quelque part, à des moments clés de ma carrière.
- Mais bon, comme je l'ai dit avant, tu n'as que 28 ans et ta carrière est loin d'être achevée ?
- Non, effectivement, c'est loin d'être fini. Je reste optimiste. Quand ça va tourner, ça va vraiment tourner. J'y crois. Toujours.
- Est-ce que cela passe par un retour en France ?
- Non, absolument pas. Ce n'est pas une priorité même si je ne ferme aucune porte. Je vais d'abord regarder l'aspect sportif de toute proposition et notamment le poste de gardien n°1 bien évidemment. Mon agent bosse là-dessus mais il n'a aucune indication de préférence particulière quant à un championnat.
- Qu'est-ce qui te fait te lever le matin actuellement alors que tu es "au placard" avec ton club ?
- J'ai un gros caractère. Un très gros caractère. Je sais ce que je veux. Et je ferais tout pour y arriver. Je suis un requin, je te l'ai dit.

Il marque une pause.
- Plus tu mets bas et plus je veux monter. J'ai de l'orgueil, je suis fier de qui je suis, de ce que j'ai fait et de ce que je peux apporter. Mais j'en veux plus encore. Oui, c'est de l'orgueil ou de la fierté... ou de la détermination.
- En somme, et en conclusion, ta détermination, c'est ton orgueil ?
- C'est tout à fait cela, William...

Et c'est sur cette dernière réponse que nos plats sont arrivés et que nous avons entamé notre repas. Toujours face au port vénitien de La Canée, sublime carte postale au soleil de cette fin d'après-midi...
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(1) Le club de Platanias FC est un club de la banlieue de La Canée et dont le stade (4 000 places) est à Périvolia. Le club de La Canée même, le AO Chania, évolue en Ligue 2 grecque.
(2) "Je pense qu'il est temps de vous annoncer quelque chose... I think it's time to announce something..." 28 janvier 2016
(3) Cyril Rool, joueur professionnel et défenseur entre 1993 et 2010, notamment passé par Bordeaux, Nice et Marseille 
(4) Equivalent de notre Euro pour la zone Amérique du Nord, centrale et caraïbe
(5) Gérard Janvion, Thierry Henry, Loïc Rémy, Eric Abidal, Nicolas Anelka, Franck Silvestre, Julien Faubert, Frédéric Piquionne...
(6) Gardien de but de la sélection belge (1979-1984), avant joué au Standard de Liège, au FC Malines et au Benfica Lisbonne. Deux fois élu "Soulier d'Or (1987, 1989), trois fois champions de Belgique, il a été élu meilleur gardien du monde en 1994. Il est aujourd'hui l'entraîneur du FC Bruges.

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Félicitation à nos anciens de Séville ! Ravi pour Mariano qui arrive tout de même à avoir du temps de jeu, je ne parle même pas de Tremoulinas et Krichowiak.

Séville, 3° finale de League Europa d'affilée...

Bon finalement avec Liverpool en finale, on pourra dire que notre groupe était trop relevé pour nous :) :) (ironie bien sûr)

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